Raphaëlle S

Troupes B-Ladies et X-Pose
Raphaëlle, 17 ans
5e secondaire

Épicurienne, passionnée des beaux-arts et des arts vivants, elle vise une carrière d’interprète en danse.

Chez Raphaëlle, la passion ne se limite pas à un seul langage. Elle circule librement entre le mouvement, le trait et le geste. La danse, bien sûr, occupe le centre de sa vie, mais le dessin, la cuisine et l’observation du monde nourrissent tout autant sa sensibilité. Ce qui frappe d’abord, c’est sa capacité à parler de son parcours avec lucidité, sans précipitation, comme si elle avançait déjà en pleine conscience de la voie qu’elle trace.

Sur scène comme devant une feuille blanche, elle cherche à transmettre. Elle parle de textures, de nuances, d’émotions à habiter plutôt qu’à imiter. À travers ses mots, on découvre une jeune interprète en devenir, déjà habitée par une maturité artistique rare.
© Stéphane Verdier Photographe – 2025
Stéphane: Salut Raphaëlle ! Merci d’avoir accepté mon invitation. Je t’avoue que je suis curieux — et très impatient — de découvrir l’énigmatique être humain que tu es !


Raphaëlle: Allô, ça me fait plaisir d’être ici. Je vais faire de mon mieux pour satisfaire ta curiosité !


Stéphane : Raphaëlle, si tu devais te décrire comme personne, qu’est-ce que tu pourrais dire sur toi ?

Raphaëlle : Je dirais que je suis quelqu’un de très passionnée. Il y a beaucoup de choses dans la vie qui m’intéressent, surtout tout ce qui touche aux arts en général : la danse, le cinéma, la peinture, le dessin. Il y a aussi plein d’autres choses qui me passionnent énormément. Je pense que je n’aurai pas de difficulté à me trouver un métier plus tard, parce que j’ai plusieurs intérêts.

Stéphane : Tu dessines ou peins déjà ?

Raphaëlle : Je ne peins pas encore, mais je dessine énormément. Ma mère est artiste peintre, j’ai reçu beaucoup de conseils de sa part. Selon elle, je m’améliore constamment. Le dessin prend une grande place dans ma vie. Mais la danse reste ce qui occupe le plus d’espace. J’espère vraiment en faire un métier. Et puis, il y a aussi la cuisine que j’aime beaucoup !
© Raphaëlle – Oeuvre de Raphaëlle

Stéphane : Comme tu me parles de cuisine, j’aimerais que tu me parles de ton expérience à la « Tablée des Chefs ». Comment ça fonctionne ?

Raphaëlle : C’est une activité parascolaire qui se déroule sur l’heure du midi, une fois par semaine. On se retrouve en brigade et parfois on cuisine notre repas. D’autres fois, on cuisine pour des projets particuliers.

Par exemple, lors de la foire alimentaire, on cuisine des plats qui sont remis à «Mères en action», un organisme qui aide des mères qui vivent des situations plus difficiles. Ces journées-là, tout ce qu’on prépare est donné. On goûte quand même un peu pour s’assurer que c’est bon, mais l’objectif, c’est vraiment de donner.

On organise aussi un dîner de Noël. On invite des membres du personnel de l’école, et on cuisine un grand repas qu’on partage tous ensemble.

Stéphane : Ton expérience au Marriott était liée à cette activité ?

Raphaëlle : Oui. Les gens de la Tablée sont venus voir notre équipe parce qu’on s’était rendu assez loin dans les compétitions. C’est ce qui nous a permis d’avoir cette opportunité unique. Et c’est moi qui a été choisi. J’ai eu la chance d’aller cuisiner au Marriott à Montréal. Ce n’est pas n’importe qui qui peut vivre ça, ça prend plus qu’un débutant. J’ai vraiment aimé l’expérience. Les gens m’ont fait confiance, et j’ai même pu rester jusqu’à la fin du service. C’était vraiment unique.

Plats présentés par Raphaëlle au Marriott

Stéphane: Revenons à mon programme original! Parle-moi un peu de ton parcours en danse. Je crois que tu avais fait un arrêt avant de revenir à l’école.

Raphaëlle: Quand j’étais petite, mes parents m’avaient inscrite, avec ma sœur Charline, à l’École de danse Brigitte Laforest. C’était mon cadeau de Noël, je devais avoir 7 ou 8 ans. J’ai suivi plusieurs années de cours, puis j’ai fait parti de la troupe l’année la COVID. Pas de chance : même s’il y a eu des cours en ligne, j’ai finalement arrêté. C’est à ce moment-là que j’ai fait du théâtre pendant deux ans.

Ensuite, je suis revenue à la danse dans les cours réguliers. Quand j’ai vu la superbe chorégraphie dans laquelle mon amie Emmy dansait avec la troupe, ça a été le déclic : je me suis dit que je devais absolument intégrer la troupe l’année suivante. J’y suis depuis et je suis motivée pour encore de nombreuses années.

Depuis, j’ai évolué dans plusieurs styles : hip-hop, jazz et contemporain. Mais un style se démarque. Le contemporain est vraiment mon style préféré. Il y a plus de nuances, plus de textures, et je trouve que c’est plus facile de transmettre des émotions et de raconter une histoire.

Stéphane : Comment arrives-tu à transmettre ces émotions ?

Raphaëlle : Je pense à des choses qui me touchent personnellement. Je m’inspire aussi de performances que j’ai vues et qui m’ont marquée. Ça m’aide à me connecter à l’émotion et à la transmettre.

Stéphane : Tu fais aussi de la danse à ton école secondaire.

Raphaëlle : Oui, j’avais envi de faire de la danse à l’école pour ma dernière année au secondaire. On n’y fait que du Hip Hop, mais on touche à plusieurs styles: lyrical, old school, house et d’autres aussi… c’est ce qui est le plus populaire au secondaire, ça rejoint davantage les jeunes.

Stéphane: Faites-vous des compétitions avec JD?

Raphaëlle: Oui, oui ! Cette année, avec JD Squad, on en fait trois et on présente la même chorégraphie à chaque fois ! (grand sourire) On ira d’abord à Lévis, puis à Gatineau et à Saint-Hyacinthe, où je serai aussi sur scène avec l’ÉDBL. Je vais être pas mal occupée les deux derniers weekends.

Stéphane : Je pense que tu as en tête un objectif clair en danse. Fais-nous découvrir ce rêve que tu caresses!

Raphaëlle : Mon plus grand objectif est d’être admise à l’École de danse contemporaine de Montréal. J’ai fait un stage là-bas cet été, et ça m’a énormément aidée, surtout au niveau de l’improvisation. J’ai appris à me faire davantage confiance.  Au début, l’improvisation me faisait peur. Mais j’ai appris à me faire confiance, à explorer librement mes mouvements. Ça m’a beaucoup fait évoluer. J’espère de tout coeur approfondir l’art de la danse à cette école et en faire mon métier pour la vie!

Stéphane : Tu as aussi participé pour la première fois aux concours de l’École de danse Brigitte Laforest. Tu as présenté un solo et aussi un duo avec Léanne. Comment as-tu trouvé l’expérience?

Raphaëlle : Je voulais vraiment vivre cette expérience. La dynamique est très différente en solo ou en duo. Avec Léanne, c’est un moment plus intime, où il faut être en symbiose avec l’autre.

J’ai aimé les deux, mais en solo, j’ai davantage l’impression que ça m’appartient vraiment. Il y a quelque chose de très personnel quand on interprète une chorégraphie qui nous touche. Mais je suis vraiment contente des deux expériences.

En solo dans MOI JE T’AIME sur scène au
Cabaret théâtre du Vieux Saint-Jean, décembre 2025

Stéphane : Qu’est-ce qui te rend le plus heureuse en danse?

Raphaëlle : Être sur scène, sans hésiter. Ce qui me touche le plus, c’est la transmission des émotions et la relation qui se crée avec le public. J’aime voir comment on peut faire vivre la vision du chorégraphe.

Et récemment, on a eu la chance de participer aux spectacles professionnels Sans toit avec Janie et Marcio. Wow… ça a été une expérience absolument incroyable.

Stéphane : Qu’est-ce que tu crains le plus quand tu es sur scène?

Raphaëlle : J’ai toujours un peu peur d’oublier la chorégraphie, mais je pratique beaucoup. Une fois sur scène, je suis dans le moment.

Stéphane : Quand tu es en groupe, es-tu plutôt timide ou extravertie ?

Raphaëlle : Avant, j’étais beaucoup plus timide. Mais le théâtre m’a aidée à me dégêner. Je ne suis plus du tout la même personne que j’étais au primaire. Maintenant, je suis beaucoup plus ouverte. Cette année, le fait de faire un solo m’aide aussi à sortir encore plus de ma zone de confort. Je dirais que je suis maintenant assez extravertie. 

Stéphane : Est-ce qu’il y a des gens qui t’inspirent dans la vie quelque soit le domaine?

Raphaëlle : En danse, c’est certain que c’est Gabrielle Boudreault, la gagnante de la saison 5 de RÉVOLUTION, c’est une danseuse que j’admire énormément et qui a étudié à l’École de danse contemporaine de Montréal. J’ai fait un «workshop» de danse avec elle à Montréal, c’était un honneur! J’étais tellement contente de danser devant Gabrielle!

Sinon, en dehors de la danse, y a ma mère qui est une artiste peintre talentueuse. Sa manière de voir les choses et de travailler l’art m’inspire beaucoup. Elle reproduit avec justesse des scènes de vie qu’elle a en tête ou qu’elle a pris en photo.

Oeuvre originale de Christine Larivière – Coin de rue (Équateur)

Stéphane : Est-ce que de fréquenter l’ÉDBL t’a apporté quelque chose sur le plan artistique et sur le plan humain?

Raphaëlle : C’est sûr, oui! D’abord, faire de nouvelles rencontres et être avec mes amis, ça apporte beaucoup.
Puis, les cours techniques m’apportent énormément dans mon développement personnel en danse. Le travail avec chaque professeur est unique en soi, et chacun nous apporte quelque chose de différent.

Stéphane : On change de sujet. Toi qui aimes tant la cuisine, quel est ton plat préféré? Si on te dit : « Raphaëlle, c’est ton dernier repas », qu’est-ce que tu veux manger?

Raphaëlle : C’est vraiment dur à dire… j’aime beaucoup trop de choses! Mais je pense à un bon plat très réconfortant : des pâtes au pesto ou une carbonara. C’est toujours bon.

Stéphane : Juste avant de terminer, sur une note un peu plus légère, est-ce qu’il y a une anecdote ou un petit moment drôle qui t’est déjà arrivé?
Raphaëlle : En y réfléchissant, je dirais qu’une fois en compétition, chacune avait apporté des bonbons et on a décidé de tout mélanger pour faire une immense « salade de bonbons ». Il y en avait beaucoup trop! Finalement, on est toutes reparties avec des tonnes de friandises.

Au fil de notre rencontre, on découvre chez Raphaëlle une maturité artistique qui dépasse son âge. Sans chercher à impressionner, elle parle de la danse avec justesse, comme d’un espace où elle apprend à mieux se connaître et à mieux s’exprimer. Il sera intéressant de voir jusqu’où ce chemin, déjà bien amorcé, la mènera.

Chaque rencontre révèle une manière unique d’habiter son art.