Maëlie P

Troupes B-Ladies et X-Pose

Maëlie, 17 ans
5e secondaire

Introvertie dans la vie, intense sur scène.
Maëlie danse avec une exigence qui ne triche pas.

À 17 ans, Maëlie impressionne par une présence aussi douce qu’exigeante. Perfectionniste assumée, elle ne laisse rien au hasard et pousse chaque geste, chaque émotion, un peu plus loin. Plutôt introvertie dans la vie, mais profondément investie, elle trouve sur scène une voix puissante, sincère, habitée. Entre rigueur, sensibilité et quête constante de justesse, elle incarne déjà une maturité rare. Une rencontre vraie, sans artifice, qui donne envie d’aller voir plus loin.
© Stéphane Verdier Photographe – 2025
Stéphane : Salut Maëlie, tu es déjà rendue à 17 ans! Comment vas-tu?

Maëlie : Ça va super bien, merci!

Stéphane :  Je t’ai connue toute petite, c’est incroyable quand même… tu avais quel âge?

Maëlie :  Dès que j’ai commencé la danse, j’avais trois ans.
Photo de Maëlie à ses débuts
Stéphane :  Quatorze ans se sont écoulés depuis ce temps-là!Maëlie, si tu avais à te décrire, qu’est-ce que tu dirais de toi ?

Maëlie :  Je pourrais facilement dire que je suis perfectionniste. Souvent trop… à mon détriment, parce que je me mets beaucoup de pression. Je veux tellement que tout soit parfait. Pour moi, ça ne l’est jamais assez, même si pour les autres, ça l’est déjà. Je suis vraiment très exigeante envers moi. Je veux aussi que ce soit parfait autour de moi, sinon, ça peut m’agacer!

Stéphane : Tu es plutôt extravertie ou introvertie ?

Maëlie :  Introvertie, sans hésitation. Avec toi, avec mon groupe de danse, ça va bien! Je vous connais depuis tellement longtemps. Mais dans un nouveau groupe ou ailleurs, c’est plus difficile de sortir de ma coquille.

Stéphane : On l’a dit tout à l’heure, tu as commencé à danser à trois ans à l’ÉDBL. Et la troupe, tu l’as intégrée quand ?

Maëlie :  J’ai commencé vers sept ans, mais je n’étais pas supposée y être au début parce que  l’âge minimum est de huit ans pour faire partie de la troupe. Ma mère m’a inscrite à l’audition, ça s’est super bien passé et Brigitte m’a invité à faire un essai. J’ai 17 ans et j’y suis toujours! (en arborant un beau grand sourire)

Stéphane : Tu étais en avance à cette époque et tu l’as toujours été. Tu es entrée chez les avancées assez jeune aussi. Comment tu t’es sentie avec des filles plus âgées ?

Maëlie :  Oui, j’avais seulement 13 ans en route vers mes 14.Au début, c’était impressionnant, je les regardais souvent danser quand j’étais avec les plus jeunes, c’étaient mes idoles. J’ai pensé:  Wow, je suis avec les plus vieilles maintenant! J’ai appris à les connaitre, après quelques cours, je me sentais assez bien. Les profs et les filles m’ont bien accueillie.

Stéphane : Tu t’es intégrée rapidement au groupe, et surtout, tu suivais déjà très bien le rythme pour atteindre un haut niveau. Et cette année, surprise… tu ajoutes une nouvelle corde à ton arc avec l’acro. Comment tu t’es retrouvée dans ce groupe ?

Maëlie :  Ma mère m’a accidentellement inscrite à l’audition. Ce n’était pas prévu au départ. J’en ai parlé avec la prof à la fin de l’année en lui disant que c’était une erreur, mais elle m’a répondu : « Tu es inscrite… viens à l’audition ! » J’ai finalement décidé d’essayer… et j’ai été prise.

Stéphane : Et aujourd’hui, comment tu te sens dans ce groupe-là ?

Maëlie :  Quand je me suis présentée à l’audition, les filles chuchotaient : « Aïe… c’est Maëlie. » Mais j’ai vraiment été très bien accueillie. Je me sens bien. Les filles sont gentilles, et comme il y a tous les âges, je suis la plus vieille du groupe.

Stéphane : Au niveau technique, où tu en es ?

Maëlie :  La roue latérale, ça va bien, le pont renversé aussi. La rondade, j’ai encore un peu de difficulté. Même si ça ressemble à la roue, mon corps veut pas… il  n’est pas encore prêt pour tout ces mouvements gymniques, mais ça s’en vient.

Stéphane : Tu ne regrettes pas ton choix ?

Maëlie :  Non, pas du tout. Mais je ne sais pas encore si je vais continuer l’an prochain! Surtout avec la première année de cégep, ça va faire beaucoup… on verra bien!

Stéphane : Tu fais plusieurs styles de danse. Lequel te rejoint le plus ?
© Stéphane Verdier Photographe – 2023
Maëlie :  Le contemporain. En Hip Hop, j’arrive pas encore à couper la corde, c’est plus difficile. Ça dépend des chorégraphies, des fois je suis à l’aise, mais pas toujours. Alors, oui, définitivement le contemporain.

Stéphane : Pourquoi?

Maëlie : Parce qu’il y a toujours une histoire, un thème, une émotion derrière les intentions de la chorégraphie, c’est plus tangible.

Stéphane : Comment tu vas chercher cette émotion-là ?

Maëlie : J’écoute beaucoup la musique. J’écris ce que ça me fait ressentir. Ça m’aide à mieux interpréter par la suite.

Stéphane : Dans un autre ordre d’idée, tu as fait un solo hommage marquant cette année.

Maëlie : Oui, pour mon grand-père qui est décédé. Bridge Over Troubled Water était d’abord un projet personnel à mon école secondaire. Puis, je l’ai présenté au concours de créations de l’école et à la compétition The Reunion à Trois-Rivières. Je suis vraiment très heureuse, les juges ont beaucoup aimé et j’ai terminé première sur sept dans ma catégorie!
En costume pour Bridge Over Troubled Water à The Reunion

Stéphane : Toutes mes félicitations, Maëlie! T’es-tu fixée un nouvel objectif pour cette année ?

Maëlie : Mettre encore plus d’émotion, je trouve que, parfois, j’en mets pas assez encore à mon goût. Et, autant en Hip Hop qu’en contemporain, améliorer ma technique, on n’en a jamais trop!

Stéphane : Qu’est-ce qui te rend la plus heureuse en danse ?

Maëlie : Le groupe de filles avec qui je danse. L’énergie qu’on a ensemble, c’est vraiment incroyable.

Stéphane : Et ce que tu crains le plus ?

Maëlie : En compétition, ne pas être assez performante, la peur de ne pas se classer, de ne pas se donner assez… on est quand même là pour gagner! (Rires)

Stéphane : Pourtant ça se passe généralement très bien pour toi! Et tu préfères les compétitions ou les spectacles ?

Maëlie : C’est tellement deux «vibes» complètement différentes. J’aime les deux, mais en compétition,  j’adore la petite poussée d’adrénaline, le «rush» que ça me procure… l’ambiance générale, l’esprit d’équipe et le sens de la communauté qu’on vit,  même avec les danseurs des autres écoles qui nous encouragent. Par contre, il y a une chose qui est déjà arrivée… on était en attente pour monter sur la scène et là on entend : Hit of the Day… J’étais vraiment dévastée, tout le monde était sous le choc et malheureusement ça a paru dans notre performance! C’était décevant! Maintenant, je suis prête à tout!

Stéphane : Tu enseignes aussi maintenant.

Maëlie : Oui comme assistante auprès des petits… et j’aime vraiment ça. J’ai eu la chance de travailler avec plusieurs groupes des 3-4 ans, 4-5 ans, des 5-7 ans aussi dans les premières années.

Stéphane : Ton groupe préféré ?

Maëlie : Honnêtement, je les ai tous aimés, chaque groupe a son énergie. Les tout-petits sont drôles, plein de naïveté, de pureté.Mais, les 5-7 ans sont un peu plus vieux , plus conscients, ils sont plus faciles à corriger, à guider.

Stéphane : Est-ce que tu te vois prof plus tard ?

Maëlie : Non, je ne penserais pas. Avec mon solo cette année, j’ai réalisé tout le travail que ça prend pour créer. Ça a été difficile de le faire pour moi, alors je lève mon chapeau à ceux qui le font pour plusieurs groupes.  J’ai vu que c’est pas pour moi! Assistante, ça me convient amplement!

Stéphane : C’est bien d’en prendre conscience et de reconnaître nos limites. As-tu des idoles, des artistes que tu aimes beaucoup, des mentors? Quelles sont tes inspirations?

Maëlie : À l’école de danse, c’est un peu tout le monde… les élèves comme les profs. Je les trouve vraiment motivants.

Sinon, je dirais Janie et Marcio, que j’ai découverts autrement récemment. On les connaissait par Révolution, mais le fait d’avoir participé au spectacle Sans toi(T) avec eux les a rendus encore plus inspirants. C’était très impressionnant, une très belle expérience.

Puis, sans être une « Swiftie » finie, j’aime beaucoup Taylor Swift. Oui, pour ses chansons, mais aussi pour son parcours depuis qu’elle est jeune.

Stéphane : Qu’est-ce que tes années de danse à l’ÉDBL t’ont apporté?

Maëlie : Beaucoup, mais principalement, ça m’a poussée à toujours vouloir me dépasser et à me faire confiance. C’est vraiment une école de vie incomparable.

Stéphane : As-tu des manies, une routine que tu respectes avant de monter sur scène en show ou en compétition ?

Maëlie : La veille, je m’assure que tout est prêt. Comme ça, c’est moins stressant au moment de partir. Mais, je le sais et je m’en excuse d’avance, je peux être un peu agaçante tellement je suis stressée. Désolée!

On a aussi notre cri de ralliement, qu’on fait depuis vraiment longtemps, instauré par notre prof Roxane. Sinon, je n’ai pas vraiment de manies ni de superstitions.

Stéphane : As-tu un objectif à long terme en danse ?

Maëlie : J’aimerais continuer la danse le plus longtemps possible tout en complétant mes études.

Stéphane : En dehors de la danse, tu t’occupes comment ?

Maëlie : Je suis une grande lectrice. Une vraie fille… je lis surtout de la romance et de la fantaisie. J’essaie aussi de prendre le temps de m’entraîner à la maison, de faire un peu de pilates et de yoga chaque semaine.

Sinon, je fais aussi du coloriage avec des crayons à l’alcool. Je me suis même surprise à aimer les casse-têtes. J’en ai reçu un de Stranger Things à Noël, un 1000 morceaux que j’ai complété en trois jours… presque 24 heures sur 24.
Même en dehors de la danse, Maëlie ne fait rien à moitié.
Stéphane : Je te lève mon chapeau! Je n’ai jamais eu la patience pour de pareils projets. Et côté séries à la télé ou sur les plateformes, j’imagine que Stranger Things fait partie de ce que tu regardes ?

Maëlie : Oh oui, tout à fait, Je suis une obsédée de Stranger Things… une série que je réécoute souvent en boucle. Par exemple, à la finale de Stranger Things en décembre dernier, j’étais tellement triste que ce soit fini que ma mère a décidé de recommencer à regarder la série depuis la saison 1. Assez intense! Sinon Gilmore Girls, Grey’s Anatomy… je suis aussi fan de tout ce qui est médecine. 

Puis, ça surprend toujours quand je dis que j’aime regarder la F1 à la télé. C’est un sport que j’aime beaucoup, les différentes stratégies, la vitesse, le fait que ce soit un sport individuel mais aussi d’équipe en même temps.

Stéphane : Quelle écurie t’intéresse le plus? Est-ce que t’as un pilote que tu suis plus qu’un autre?

Maëlie : Je dirais que mes écuries préférées sont Ferrari et McLaren et que le pilote que je suis le plus, c’est Lando Norris chez McLaren. 

Stéphane : À l’école, tu es au Programme d’Études internationales (PEI), ta matière préférée ?

Maëlie : L’an dernier, je dirais les sciences et la biologie. Cette année… je ne sais pas vraiment. Je dirais la chimie, c’est le seul cours qui me challenge vraiment. La physique, c’est un peu moins ma tasse de thé… c’est plus difficile. Mais j’ai quand même eu le certificat d’excellence. (dit avec un grand sourire de fierté)

Stéphane : Oh bravo, toutes mes félicitations! Et après le secondaire, tu te diriges où ?

Maëlie : J’ai fait une demande pour une Technique en analyse biomédicale au cégep de Saint-Jean.. 

Stéphane : Tu te projettes où dans l’avenir ?

Maëlie : J’ai vu un programme à l’Université Laval en biochimie de la santé.

J’aimerais travailler en laboratoire, en milieu hospitalier, plus particulièrement avec l’ADN, les gènes… ce sont des choses qui me passionnent.

Ma mère est technicienne en imagerie médicale et, par l’entremise d’une de ses amies, j’ai eu la chance de passer du temps en laboratoire à l’hôpital de Granby. J’ai beaucoup aimé ça. J’ai pu voir un peu de tout en passant par la pathologie, la microbiologie, l’hématologie (que j’ai adorée), contrôle de qualité, etc.

Stéphane : Pourquoi pas médecine ?

Maëlie :J’y ai pensé… peut-être même trop ! Mais ce sont beaucoup d’années d’études.

Déjà en 5e secondaire, je trouve ça plus exigeant, ça me demande beaucoup de temps. Je n’ai pas envie de m’embarquer dans un autre cycle d’une dizaine d’années d’études, avec la résidence, la spécialisation…

Et de toute façon, je préfère vraiment le travail en laboratoire. On aide autant les patients que les médecins, mais d’une autre façon. Je me vois plus travailler seule, dans mon coin. Étant introvertie, le contact direct au quotidien avec les patients, comme médecin, ce serait plus difficile pour moi.

Stéphane : Maëlie, j’ai vraiment apprécié notre rencontre cet après-midi. Ça va permettre à tout le monde de découvrir un peu mieux qui tu es : perfectionniste, sensible, authentique et entière.

Merci beaucoup, ça a été très agréable.

Maëlie : Merci à toi, Stéphane. C’est le fun de pouvoir s’exprimer!

Chaque rencontre révèle une manière unique d’habiter son art.